La monnaie au Moyen-Âge


Aujourd’hui comme dans le passé les monnaies sont frappées sur un flanc qui est une pièce de métal précieux ou non obtenue par martelage et découpe à la cisaille. Les motifs y apparaissant étaient gravés en creux dans un « coin » inférieur enchâssé dans un billot de bois et un autre supérieur tenu à la main par le monnayeur, l’ouvrier chargé de battre monnaie.


Le poids de la pièce était donné par rapport à la taille du marc et pouvait changer d’une région à l’autre. Pour la zone qui nous intéresse, l’unité de mesure était le marc de Paris dont le poids était de 244, 7529 grammes. Ainsi, le denier de Saint Louis était taillé à 218 au marc. Autrement dit, le poids unitaire de ce denier était de 1,12 grammes (le poids de la pièce est par conséquent un deux cent dix-huitième de celui du marc parisis). Depuis toujours, frapper monnaie est un droit régalien. Les coins étaient réalisés par des orfèvres pour le compte des ateliers ayant obtenu le droit de frapper monnaie. Les pièces étaient réalisées au marteau et les empreintes étaient changés environ après 30 000 frappes. A métier particulier, avantages proportionnés. Les ouvriers de cette corporation avaient donc quelques privilèges dont celui d’être exempté de guet, de service militaire et surtout d’impôt et de péage.

Comme partout, l’appât du gain a incité les malandrins à battre monnaie de façon frauduleuse. Souvent les pièces étaient rognées pour obtenir une fine limaille qui, au fil du temps permettait de créer de fausses pièces. D’autres frappaient parfois ou faisaient venir d’ailleurs des monnaies qui n’étaient pas au bon titre, c’est à dire qui ne contenaient pas le bon taux de métal précieux. Les condamnations étaient rares, mais spectaculaires.




On retiendra que, de Charlemagne à la Révolution française, la monnaie-étalon a été la Livre qui se divisait en 20 sous. Le sou valait 12 deniers. Du temps de Charlemagne, la Livre d’argent pur pesait 403, 2 grammes. Au fil des ans, le poids et le titre des deniers ont été révisés à la baisse, mais le rapport de 240 deniers pour une livre fut conservé ce qui eut pour effet d’affaiblir la Livre. Durant toute la période, plusieurs Livres ont coexisté (Livre Tournois, livre parisis, etc). Toutes étaient divisées en 240 deniers, mais toutes ne contenaient pas la même quantité de métal précieux. La Livre des Capétiens était la Livre Parisis. Le roi Philippe II dit Auguste (né en 1165 à Gonesse et mort en 1223 à Mantes la Jolie) développa l’usage du denier Tournois. Le denier parisis était un quart plus fort que le denier tournois et il fallait 4 deniers tournois pour faire 4 deniers parisis. On comprend mieux alors le rôle du changeur dont le celui-ci était à la fois de peser les monnaies et de faire le change entre-elles afin d’obtenir une parité en matière de valeur.

On retiendra que les monnaies médiévales ne sont pas datées et que la première à l’avoir été fut celle frappée par Anne de Bretagne en 1498.



La monnaie d’Arte-Bellum

La monnaie d’Arte-Bellum est une pièce taillée d’à peu près 3 cm de diamètre et son poids est d’environ 3 grammes. Elle est réalisée à l’aide d’un coin droit et revers et le métal utilisé est un étain sans plomb. Comme les monnaies du passé, celles que nous frappons ont pour objet de véhiculer un message et de nous représenter en notre absence. C’est pourquoi, comme celles d’autrefois, les pièces portent au droit un monogramme qui est celui de l’association alors qu’auparavant il s’agissait de celui des rois. Le texte placé au revers de la monnaie où se trouve la croix, symbole de l’Europe occidentale et pratiquement toujours présente sur les pièces anciennes, est également un moyen pour le possesseur de la monnaie de retrouver l’association puisque la devise permet d’accéder au site de l’association sur Internet.


Photographies: Noshiba

Bibliographie :

Grierson Philip, Monnaies et monnayages, introduction à la numismatique, Aubier, Paris, 1976. Cormier Jean-Philippe, Monnaies médiévales, reflets des pouvoirs, Desclée de Brouwer, 1998.

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